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Déclaration de succession aux impôts : délais et droits

Dossier de déclaration de succession et formulaires fiscaux posés sur un bureau

Après le décès d'un proche, l'administration fiscale demande aux héritiers de déclarer ce qu'ils reçoivent : c'est la déclaration de succession. Cette formalité permet de calculer les éventuels droits de succession à payer. Elle obéit à des délais précis et à des règles d'exonération souvent méconnues. Ce guide vous explique qui doit déposer cette déclaration, dans quel délai, quand vous en êtes dispensé, et comment fonctionnent les abattements et le barème des droits. L'objectif est de vous aider à aborder cette étape sans mauvaise surprise.

Qu'est-ce que la déclaration de succession ?

La déclaration de succession est un document fiscal adressé au service des impôts. Elle recense l'ensemble des biens du défunt (l'actif : comptes bancaires, immobilier, placements, véhicules, mobilier…) ainsi que ses dettes (le passif : emprunts, factures, impôts en cours). À partir de cet inventaire, l'administration détermine si des droits de succession sont dus, et pour quel montant.

Cette déclaration est en principe obligatoire, même lorsqu'aucun impôt n'est finalement à payer. Elle se distingue du règlement civil de la succession (partage des biens entre héritiers), même si les deux démarches sont souvent menées en parallèle, notamment par le notaire.

Qui doit établir et déposer la déclaration ?

La responsabilité de la déclaration pèse sur les héritiers, légataires et donataires. Concrètement, deux situations se présentent :

  • Avec notaire : dès que la succession comprend un bien immobilier, un testament, une donation entre époux, un contrat de mariage ou dépasse une certaine valeur, le notaire est en pratique incontournable. C'est lui qui rédige la déclaration, calcule les droits et veille au respect des délais.
  • Sans notaire : pour une succession simple et modeste, les héritiers peuvent remplir eux-mêmes la déclaration à l'aide des formulaires officiels (formulaire principal 2705, complété selon les cas par les formulaires 2705-S, 2706 ou 2709), disponibles gratuitement auprès de l'administration fiscale.

Les héritiers en ligne directe (enfants, parents) et le conjoint survivant sont en principe solidairement responsables du dépôt et du paiement des droits.

Le délai pour déposer la déclaration

Le délai est strict. Vous disposez de :

  • 6 mois à compter du décès lorsque celui-ci est survenu en France métropolitaine ;
  • 12 mois lorsque le décès a eu lieu à l'étranger.

Des délais particuliers existent pour certains territoires d'outre-mer. En cas de difficulté à réunir les informations dans les temps, il est préférable de déposer une déclaration, même provisoire, plutôt que de ne rien envoyer.

À ne pas confondre avec les démarches qui suivent immédiatement le décès : la déclaration du décès en mairie sous 24 heures et l'organisation des obsèques dans un délai de 6 jours ouvrables. La déclaration de succession, elle, se situe plus tard dans le temps et relève de la sphère fiscale.

Que se passe-t-il en cas de retard ?

Le non-respect du délai entraîne des conséquences financières, calculées sur les droits dus :

  • Un intérêt de retard au taux de 0,20 % par mois (soit 2,40 % par an), décompté à partir du septième mois suivant le décès.
  • Une majoration qui s'ajoute à l'intérêt de retard : 10 % seulement si le dépôt intervient dans les douze mois du décès ; 40 % lorsque la déclaration n'est pas déposée dans les 90 jours suivant une mise en demeure ; jusqu'à 80 % en cas de manœuvres frauduleuses.

Ces pénalités s'appliquent uniquement lorsque des droits sont effectivement dus. Si la succession ne génère aucun droit, un retard reste sans pénalité financière, mais il est toujours préférable de respecter le délai pour éviter toute relance de l'administration.

Les cas de dispense de déclaration

Vous pouvez être dispensé de déposer une déclaration lorsque la succession est de faible valeur. Le seuil dépend du lien de parenté avec le défunt :

  • En ligne directe (enfants, parents), pour le conjoint survivant ou le partenaire de Pacs : la dispense s'applique lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 €, à condition que ces personnes n'aient pas bénéficié antérieurement d'une donation ou d'un don manuel non enregistré ou non déclaré de la part du défunt.
  • Pour les autres héritiers (frères, sœurs, neveux, tiers…) : la dispense s'applique lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 3 000 €.

L'actif brut correspond à la valeur des biens avant déduction des dettes. Si vous remplissez ces conditions, aucune déclaration n'est exigée. Dans le doute, mieux vaut vérifier auprès du service des impôts ou d'un notaire.

Les abattements : ce qui est exonéré avant l'impôt

Avant d'appliquer le barème, l'administration retranche de la part de chaque héritier un abattement : une somme exonérée de droits. Les principaux abattements sont :

  • Conjoint survivant et partenaire de Pacs : exonération totale. Ils ne paient aucun droit de succession, quel que soit le montant reçu.
  • Enfant (ou parent du défunt) : 100 000 € d'abattement par parent et par enfant. Seule la part dépassant ce montant est imposée.
  • Frère ou sœur : 15 932 € (avec, sous conditions strictes d'âge, de célibat et de vie commune, une exonération totale possible).
  • Neveu ou nièce : 7 967 €.
  • Petit-enfant : 1 594 € à défaut d'autre abattement applicable.
  • Personne en situation de handicap : un abattement supplémentaire de 159 325 €, qui se cumule avec les autres.

Ces abattements se renouvellent en principe tous les 15 ans pour les donations, mais s'appliquent une seule fois au moment de la succession.

Le cas particulier de l'assurance vie

Les capitaux d'assurance vie ne suivent pas, en règle générale, le régime des droits de succession : ils sont transmis « hors succession » au bénéficiaire désigné. Pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € ; au-delà, un prélèvement spécifique s'applique. L'assureur dispose en principe d'un délai d'un mois pour verser le capital après réception du dossier complet. Ces sommes doivent néanmoins être signalées et, le cas échéant, intégrées aux déclarations adaptées.

Le barème des droits de succession

Une fois l'abattement déduit, la part taxable est soumise à un barème progressif par tranches, qui varie selon le lien de parenté.

En ligne directe (parents-enfants)

Le barème s'échelonne par tranches :

  • Jusqu'à 8 072 € : 5 %
  • De 8 072 € à 12 109 € : 10 %
  • De 12 109 € à 15 932 € : 15 %
  • De 15 932 € à 552 324 € : 20 %
  • De 552 324 € à 902 838 € : 30 %
  • De 902 838 € à 1 805 677 € : 40 %
  • Au-delà de 1 805 677 € : 45 %

Entre frères et sœurs

Le taux est de 35 % jusqu'à 24 430 €, puis de 45 % au-delà.

Entre parents éloignés et tiers

Pour les parents jusqu'au 4e degré, le taux est de 55 %. Pour les parents au-delà du 4e degré et les personnes sans lien de parenté, il atteint 60 %.

Ces taux s'appliquent uniquement sur la part qui dépasse l'abattement. Une succession modeste transmise à un enfant peut donc, en pratique, n'entraîner aucun droit.

Comment et quand payer les droits ?

Les droits de succession sont en principe payés au moment du dépôt de la déclaration. Pour les patrimoines comportant des biens difficiles à liquider rapidement (immobilier, entreprise), il est possible, sous conditions, de demander un paiement fractionné (échelonné dans le temps) ou différé. Cette demande s'adresse à l'administration fiscale, souvent par l'intermédiaire du notaire, et peut donner lieu à des intérêts ainsi qu'à des garanties.

Les documents à réunir

Pour préparer la déclaration, rassemblez si possible :

  • L'acte de décès et le livret de famille du défunt ;
  • Les pièces d'identité des héritiers et leur lien de parenté ;
  • Les relevés bancaires, contrats d'assurance vie et justificatifs de placements à la date du décès ;
  • Les titres de propriété des biens immobiliers et leur estimation ;
  • Les justificatifs des dettes (emprunts, factures, impôts, frais d'obsèques) ;
  • Les éventuels actes de donation antérieurs.

Une démarche que vous pouvez accomplir gratuitement

La déclaration de succession peut être effectuée gratuitement par les héritiers eux-mêmes auprès de l'administration fiscale, à l'aide des formulaires officiels et des informations disponibles sur service-public.fr et impots.gouv.fr. Le recours à un notaire devient obligatoire dans certaines situations (bien immobilier, testament…) et reste encadré par la loi. Ce site est un service privé d'information et d'accompagnement, distinct et indépendant des administrations publiques ; il ne se substitue pas à elles, et les démarches restent gratuites auprès des administrations.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour déposer la déclaration de succession ?
Le délai est de 6 mois à compter du décès lorsqu'il survient en France métropolitaine, et de 12 mois en cas de décès à l'étranger. Passé ce délai, des intérêts de retard (0,20 % par mois) et, le cas échéant, des majorations peuvent s'appliquer sur les droits dus.
Faut-il toujours déposer une déclaration ?
Non. Vous en êtes dispensé lorsque l'actif brut est inférieur à 50 000 € en ligne directe ou pour le conjoint et le partenaire de Pacs (sous conditions, notamment l'absence de donation antérieure non déclarée), et inférieur à 3 000 € pour les autres héritiers. Dans tous les autres cas, la déclaration est en principe obligatoire, même sans droits à payer.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non. Le conjoint marié survivant et le partenaire de Pacs sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant reçu. Cette exonération ne concerne pas les couples en concubinage (union libre), traités comme des tiers.
Quel est l'abattement pour un enfant ?
Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chaque parent. Seule la fraction dépassant ce montant est soumise au barème progressif, qui débute à 5 % et augmente par tranches.
L'assurance vie entre-t-elle dans la succession ?
En règle générale non : le capital est transmis hors succession au bénéficiaire désigné. Pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €. L'assureur dispose d'un délai d'environ un mois pour verser le capital après réception du dossier complet.
Peut-on remplir la déclaration sans notaire ?
Oui, pour une succession simple, sans bien immobilier ni testament, les héritiers peuvent remplir eux-mêmes la déclaration avec les formulaires officiels, gratuitement. Dès qu'un bien immobilier est en jeu ou que la succession est complexe, l'intervention d'un notaire devient nécessaire.
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Service privé et indépendant, distinct de l'administration. Ces démarches peuvent être effectuées gratuitement auprès des administrations et organismes concernés.

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